Darnziak
http://www.darnziak.com
Il y a encore des parcours intéressants : l'auteur de ce blog se dirigeait d'abord vers une carrière liée à la publicité, et tenait un blog adolescent, plus ou moins nihiliste, romantique noir - mais déjà avec un goût pour la théorisation.
Premier fait rare : il concrétise son insatisfaction, commence des études de philosophie, souhaite écrire des romans. Cette coupure se répercute sur le blog et commence à lui donner des airs méta ; certaines choses doivent sortir, comme avant, et le blog est l'outil idéal : immédiat, simple, sans contrôle, public. Mais l'auteur (jp) réalise bien entendu que cette immédiateté, celle des commentaires et des mails aussitôt reçus, est en général un frein à la vraie réflexion, à l'analyse, au fond.
Difficile de concilier les deux : aussi il oscille. Des textes sur le fait de blogger, d'écrire, de philosopher. L'accent mis sur le fait que blogger est une activité secondaire. En même temps : sa vie personnelle s'apaise, le malaise adolescent se passe, la matière première se fait donc plus rare et la flamme incandescente des débuts disparaît. Moins de facilités romantiques, mais aussi moins de carburant...
Il avait acquis un certain lectorat, qui disparaît peu à peu et qu'il est tentant de garder. On se débat entre les concessions à faire pour rester populaire, lisible, accessible, alors même que la tentation est d'être profond, vrai, lent. Hésitation à arrêter le blog. Mais en même temps, les "vraies" activités ne marchent pas si bien que ça ; le blog est finalement une partie concrète, aux effets mesurables, de la vie.
Bref, exemple parfait d'une des caractéristiques des blogs : ils servent relativement souvent à exprimer un mal-être - mais en sont également souvent le symptôme ; comment le dissiper sans supprimer ou modifier radicalement le blog ? Comment rompre, comment accepter de supprimer tant d'heures d'efforts, une telle part de vie, quand on y a mis autant de sien ?
Comment pouvoir repasser à cet état d'anonyme, inconnu de tous, sans réaction de quiconque ni preuve qu'on est lu (mesure de la fréquentation du blog), comment retourner dans la vraie solitude, fondamentale, celle qui ne montre pas qu'elle existe ? L'auteur d'un blog personnel et lu existe pour d'autres, et si vivre dans la solitude n'est pas si difficile, y retourner après l'avoir quittée est une autre affaire.
Il y a encore des parcours intéressants : l'auteur de ce blog se dirigeait d'abord vers une carrière liée à la publicité, et tenait un blog adolescent, plus ou moins nihiliste, romantique noir - mais déjà avec un goût pour la théorisation.
Premier fait rare : il concrétise son insatisfaction, commence des études de philosophie, souhaite écrire des romans. Cette coupure se répercute sur le blog et commence à lui donner des airs méta ; certaines choses doivent sortir, comme avant, et le blog est l'outil idéal : immédiat, simple, sans contrôle, public. Mais l'auteur (jp) réalise bien entendu que cette immédiateté, celle des commentaires et des mails aussitôt reçus, est en général un frein à la vraie réflexion, à l'analyse, au fond.
Difficile de concilier les deux : aussi il oscille. Des textes sur le fait de blogger, d'écrire, de philosopher. L'accent mis sur le fait que blogger est une activité secondaire. En même temps : sa vie personnelle s'apaise, le malaise adolescent se passe, la matière première se fait donc plus rare et la flamme incandescente des débuts disparaît. Moins de facilités romantiques, mais aussi moins de carburant...
Il avait acquis un certain lectorat, qui disparaît peu à peu et qu'il est tentant de garder. On se débat entre les concessions à faire pour rester populaire, lisible, accessible, alors même que la tentation est d'être profond, vrai, lent. Hésitation à arrêter le blog. Mais en même temps, les "vraies" activités ne marchent pas si bien que ça ; le blog est finalement une partie concrète, aux effets mesurables, de la vie.
Bref, exemple parfait d'une des caractéristiques des blogs : ils servent relativement souvent à exprimer un mal-être - mais en sont également souvent le symptôme ; comment le dissiper sans supprimer ou modifier radicalement le blog ? Comment rompre, comment accepter de supprimer tant d'heures d'efforts, une telle part de vie, quand on y a mis autant de sien ?
Comment pouvoir repasser à cet état d'anonyme, inconnu de tous, sans réaction de quiconque ni preuve qu'on est lu (mesure de la fréquentation du blog), comment retourner dans la vraie solitude, fondamentale, celle qui ne montre pas qu'elle existe ? L'auteur d'un blog personnel et lu existe pour d'autres, et si vivre dans la solitude n'est pas si difficile, y retourner après l'avoir quittée est une autre affaire.
